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BIOGRAPHIE

(J.Gordin, J.P Guicciardi

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Henri Landier est né le 14 juin 1935 à Paris, et tout a commencé en 1952, lorsqu'à 17 ans, en quittant la demeure familiale, Henri Landier est entré en peinture comme d'autres entrent en religion.

C'est le peintre montmartrois Jean d'Esparbès, qui l'accueille rue Saint-Vincent et lui prête son atelier.
Dès cette époque, tout en suivant les cours de l'Ecole Nationale des Arts Appliqués, puis pour quelques mois ceux des Beaux-Arts, il dessine et peint frénétiquement le monde matériel qu'il a choisi de hanter :
-la rue Saint-Vincent où il a trouvé refuge,
-les bistrots de Montmartre qui l'accueillent lorsque le froid est trop vif,
-les quais de la Seine et du canal de l'Ourcq,
-les rues de Paris qu'il parcourt infatigablement, carnet de croquis à la main...
C'est la
"période verte", marquée par plus de 120 huiles, plus de 400 dessins : un jaillissement inattendu et spontané, une sorte de libération qui se traduit par des oeuvres sombres, tendues, souvent dures, parfois empreintes de désespoir, toujours de lucidité.
Ces années 1952-1955 sont le creuset où, à travers de multiples rencontres, de multiples difficultés matérielles et la prise de conscience de sa capacité de création, se forme peu à peu le peintre que nous connaissons aujourd'hui.

Et puis, c'est la découverte du monde : pendant près de cinq ans, Henri Landier parcourt les mers. Il contemple ciels et horizons, immensités marines et ports colorés. Il continue à dessiner, garde les yeux bien ouverts, observe le monde qu'il sillonne en tout sens, débarque à Maracaïbo comme à Amsterdam...

En 1959, de retour à Paris, la vie de bohème recommence, mais la perspective a changé et sa palette s'élargit : il renoue avec la peinture et entame son oeuvre de graveur.
De ses séjours à Villers-Cotterêts, il rapporte la vision de hangars brûlés, de charrues, de plaines infinies, de ciels, de forêts.
Caen et Dunkerque lui inspirent des dessins de hauts-fourneaux, de quais, d'engins de levage, et la merveilleuse gravure du Docker écrasé par sa condition. Plus tard, à Verneuil-sur-Avre, à Lonlay-l'Abbaye, il peint et dessine la campagne, toujours des arbres et son entourage familier.

De 1960 à 1965, c'est le thème de la ville et surtout de Paris qui s'impose à lui. Ses premières gravures sur Paris, paysages nocturnes à la frange du fantastique, attirent un grand nombre d'amateurs.
Ses portraits gravés de Jean Rostand, Michel Simon, Pierre MacOrlan... sont devenus des classiques.

En 1964, Henri Landier installe son atelier dans le Moulin de Pisseloup près de Château-Thierry. C'est là qu'il grave et tire lui-même les 44 bois originaux pour les "Chansons de la Vieille Lanterne", de Pierre Mac Orlan.

En 1965, voyage en Provence où il peint les paysages de la montagne du Lubéron, les carrières ensoleillées, les usines désertées, les vignes en automne, mais aussi de grands insectes et de nombreux portraits. Son oeuvre exalte les couleurs de la Haute-Provence lorsqu'il réalise de grandes lithographies chaleureuses, qui tranchent d'avec les estampes des années passées.

Toutes les formes de spectacle l'attirent - théâtre, danse, cirque, music-hall - et ses affiches pour Georges Brassens, Monique Morelli, le clown Canari, Diane Dufresne, les danseurs de Buto... en témoignent. Il grave successivement de vastes suites d'estampes en couleurs :
-1968 : Le Songe d'une Nuit d'Eté, mis en scène par Arianne Mnouchkine,
-1970 : Rabelais, d'après Jean-Louis Barrault,
-1972 : les deux Faust de Goethe.

En 1975, Henri Landier ouvre l'atelier d'Art Lepic au pied de la butte Montmartre à Paris. C'est dans cet atelier-galerie que se poursuit la création, au rythme d'une exposition par an.

 

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